Quels sont les documents structurants du BIM ?
Introduction
Une démarche BIM, pour être menée avec succès, ne peut se limiter à l’utilisation d’outils numériques ou à la production de maquettes.
Elle doit être structurée, cadrée et formalisée au travers de documents de référence, rédigés par la maîtrise d’ouvrage (MOA) et par l’équipe de BIM Management.
Ces documents constituent le socle organisationnel, contractuel et méthodologique du BIM. Ils définissent les objectifs, les exigences, les règles de production et de contrôle des maquettes, ainsi que les livrables attendus tout au long du projet.
Mais quels sont ces documents ? Qui les rédige ? Et quelle est leur portée ?
On retrouve généralement cinq documents structurants dans une démarche BIM :
- la charte BIM
- le cahier des charges BIM
- la convention BIM
- le rapport d’audit des maquettes
- le DOE BIM
I. La charte BIM
La charte BIM est un document stratégique, rédigé par la maîtrise d’ouvrage.
Elle s’applique à l’ensemble des projets de la MOA et constitue le cadre de référence global de sa démarche BIM.
Elle répond notamment aux questions suivantes :
- Pourquoi la MOA fait-elle du BIM ?
- Quels sont ses objectifs à court, moyen et long terme ?
- Quels usages BIM souhaite-t-elle développer ?
La charte BIM précise notamment :
- les objectifs BIM généraux de la MOA ;
- les cas d’usages BIM recherchés (coordination, synthèse, quantitatifs, exploitation, etc.) ;
- les grands principes de la démarche (niveau de structuration des données, logique de renseignement des propriétés, ouverture aux formats ouverts comme l’IFC, etc.) ;
- l’environnement commun de données (CDE) utilisé ou imposé par la MOA.
La charte BIM ne descend pas dans le détail opérationnel : elle pose une vision, un cadre stratégique et une cohérence globale.
II. Le cahier des charges BIM
Le cahier des charges BIM est également rédigé par la maîtrise d’ouvrage, mais à la différence de la charte BIM, il s’applique à un projet spécifique (construction neuve ou réhabilitation).
Il traduit les ambitions stratégiques de la charte BIM en exigences concrètes et contractuelles pour le projet concerné.
On y retrouve notamment :
- les objectifs BIM du projet ;
- les usages BIM attendus par phase (conception, exécution, DOE) ;
- les livrables BIM exigés ;
- les niveaux de développement ou de détail attendus ;
- les formats d’échange et standards imposés ;
- les attentes en matière de structuration des données et des propriétés.
Le cahier des charges BIM est intégré aux pièces de consultation et engage les équipes de maîtrise d’œuvre et les entreprises.
III. La convention BIM
La convention BIM est le document opérationnel de la démarche BIM. Elle est rédigée par le BIM Manager du projet, en s’appuyant sur le cahier des charges BIM de la MOA.
Très concrète, elle décrit comment le BIM est mis en œuvre au quotidien sur le projet. Elle définit les règles communes que tous les acteurs doivent respecter, et est validée par la MOA avant sa diffusion.
La convention BIM précise notamment :
- l’environnement commun de données (CDE) mis en place ;
- l’organisation des échanges et des validations ;
- les règles de codification et de nommage des maquettes et des fichiers ;
- le découpage des maquettes (par discipline, par zone) ;
- les usages BIM retenus ;
- le phasage de la production des maquettes ;
- les responsabilités de chaque acteur…
La convention BIM est rédigée en début de projet, généralement en phase APS. C’est un document vivant, qui peut être mis à jour :
- en phase exécution, pour intégrer les entreprises et nouveaux acteurs ;
- en fin de projet, pour intégrer les règles spécifiques de production et de livraison du DOE BIM.
IV. Le rapport d'audit des maquettes
Dans une démarche BIM, chaque acteur est responsable de la modélisation de sa discipline ou de son lot. Le BIM Manager a pour mission de contrôler la conformité des maquettes tout au long du projet.
Le rapport d’audit des maquettes formalise ces contrôles.
Il permet de vérifier que les maquettes respectent les exigences définies dans la convention BIM, notamment :
- le nommage des fichiers et des objets ;
- la structuration IFC (arborescence, classifications) ;
- le renseignement des propriétés et des Pset ;
- le poids et la performance des maquettes ;
- le phasage ;
- la qualité géométrique et informationnelle…
Ces audits sont réalisés à des jalons précis du projet et constituent un outil de pilotage qualité indispensable à la démarche BIM.
V. Le DOE BIM
Le DOE BIM (Dossier des Ouvrages Exécutés BIM) est le livrable final de la démarche BIM. Il est destiné à la gestion, l’exploitation et la maintenance du bâtiment par la MOA ou le gestionnaire.
Le DOE BIM regroupe :
- les maquettes BIM « tel que construit », mises à jour suivant le chantier et renseignées;
- les documents 2D d’un DOE classique (pièces graphiques, écrites, fiches de maintenance, PV, etc, par lot).
Les exigences de constitution du DOE BIM sont définies :
- dans le cahier des charges BIM ;
- puis précisées dans la convention BIM DOE, qui encadre les règles de création, de structuration et de livraison du DOE.
Le DOE BIM marque la transition entre le projet de construction et le cycle de vie du bâtiment.
Pour en savoir plus sur le DOE BIM, nous vous invitons à lire notre article ici
Récapitulatif des documents qui structurent une démarche BIM
Conclusion
- une vision stratégique claire ;
- des exigences contractuelles définies ;
- une mise en œuvre opérationnelle maîtrisée ;
- un contrôle qualité continu ;
- et un livrable final exploitable.
Pour aller plus loin
N’hésitez pas à faire un tour sur notre blog BIM et découvrir notre articles :
-quelle est la différence entre objectif BIM et cas d’usage BIM
-qu’est-ce que le BIM ?
-qu’est-ce que le Scan 3D ?
-quels sont les documents structurants du BIM ?
-qu’est-ce qu’un DOE BIM ?
etc