Qu'est-ce que le BIM ?

Qu’est-ce qu’un processus BIM et comment se
matérialise-t-il ?

Le BIM n’est pas un logiciel, ni une application, ni une plateforme. C’est un processus complet, qui se met en place sur un projet de construction, et qui demande des ressources humaines, matérielles, et organisationnelles. 

Voici comment.

Introduction

 

Le monde de la construction est le secteur d’activité dont l’évolution de la productivité a été la plus lente ces 60 dernières années.

Contrairement à d’autres secteurs économiques qui ont dû faire face à d’importantes transformations liées au numérique, le BTP a pris du retard*. Il arrive donc dans sa phase de transition, tirée par le BIM .

*L’industrie a augmenté sa productivité X16 depuis 1960. Pour le secteur de la Construction, c’est X3.

Présentation du BIM

1) Pour bien comprendre, voici une analogie avec le monde de l’automobile :

Dans le monde de l’automobile, on modélise d’abord la voiture, dans les moindres détails, avant de la produire. Dans le monde du bâtiment, avec le BIM, c’est pareil : on modélise d’abord le bâtiment avant de le construire.

2) Définition d’un processus BIM : 

Le BIM, c’est donc le nouveau processus de construction qui fait qu’on modélise en 3D le bâtiment avant de le construire.

Retour dans le monde d’avant le BIM : un projet de construction regroupe beaucoup d’acteurs, qui font des choses différentes, pas forcément en même temps, et qui, généralement, ne se connaissent pas.

Avant, chaque acteur avait ses plans 2D, sur papier, qui représente son travail seulement – il ne sait donc pas forcément ce que vont faire les autres intervenants (électricien, plombier …).

plan 2D vs BIM

Avec le BIM, chaque acteur a accès à la maquette numérique qui représente le bâtiment dans sa globalité (tous les lots), et peut donc voir facilement quel acteur fait quoi, où et comment, sur le bâtiment. Il est donc plus aisé de travailler ensemble, et anticiper les travaux et réduire les erreurs de construction.


Le BIM s’articule en fait autour de 3 grandes thématiques :

  • La maquette numérique : qui représente, en 3D, le bâtiment à construire / réhabiliter

  • La collaboration : tous les acteurs du projet ont accès à la maquette, voire même y contribuent, en modélisant leur lot ou discipline

  • L’échange de données : toutes les maquettes renferment de l’information telle que la référence d’un objet, sa longueur, largeur, le fournisseur, etc.
process bim
Récapitulons : le BIM, c’est le processus visant à rassembler toutes les informations d’un bâtiment au coeur d’une maquette numérique.

Grâce à ce processus, on peut donc :
    • structurer
    • produire
    • gérer
    • centraliser
    • visualiser la donnée.

Tous les acteurs peuvent explorer et manipuler le modèle 3D, ce qui facilite la compréhension du projet, des espaces, optimise la collaboration, permet de détecter les conflits (grâce à la synthèse), de prendre meilleures décisions, d’améliorer les performances de construction, de faciliter les flux de travail (planification et méthodes), etc.

Echanges standard sans maquette numérique BIM
Defibim au coeur des échanges BIM

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Vous avez deux possibilités :

#1. Faire un tour sur notre Blog BIM (par ici)

#2. Vous inscrire à notre Newsletter Apprenante
Tous les mois, nous écrivons un article à propos d’un sujet ciblé : Scan 3D, DOE BIM, astuces de modélisation, etc. Notre objectif : capitaliser sur nos projets et vous partager notre expérience !

Comment un processus BIM se matérialise-t-il ? 

Le site bimbtp.com définit le processus BIM en indiquant qu’il “associe plusieurs intervenants autour d’un projet commun, en définissant les responsabilités, les périodes, et les limites d’intervention de chacun”. Le processus BIM doit donc être cadré pour qu’il fonctionne, autour de personnes clefs, que voici :

A. L’AMO BIM : 

Comme son nom l’indique, l’assistant à Maîtrise d’Ouvrage assiste la MOA sur la mise en place du processus BIM. Son rôle est de conseiller la MOA, de bien comprendre ses besoins et objectifs, et in fine de traduire ses besoins en exigences BIM.

 

B. LE MODELEUR BIM : 

Le modeleur BIM, ou projeteur BIM, est en charge de la production des maquettes numériques BIM de son lot ou de sa discipline. C’est lui qui dessine et renseigne la bonne information, au bon endroit.

C. LE COORDINATEUR BIM : 

Le coordinateur BIM supervise le travail du modeleur. Il contrôle les maquettes numériques BIM et participe au renseignement de l’information.

D. LE BIM MANAGER : 

Le BIM Manager est en charge d’organiser le processus BIM ! Il met en mouvement, concrètement, le processus BIM et les acteurs: il définit les bons outils à utiliser, en fonction des compétences et de la maturité numérique de chacun, les règles à respecter; le planning, etc. Il a un rôle également pédagogique – expliquer aux entreprises concrètement ce qui va être mis en place – et de contrôle – veiller à ce que tout ce qui est produit en BIM soit conforme aux demandes de l’AMO.

En conception, et en exécution, il y a généralement un BIM Manager (qui peut différer selon la phase), mais chaque entreprise a son modeleur BIM et/ou son coordinateur BIM.

Organigramme d'un projet en BIM

E. LE RESPONSABLE DE SYNTHESE : 

Il est en charge de la compilation des différentes maquettes (structure, architecturale, technique, etc) et de la détection des erreurs, comme un tuyau qui tape dans la charpente, un oubli de réserve, une norme PMR pas respectée, etc.

Cette mission est parfois portée par l’entreprise qui gère le BIM sur le projet (c’est typiquement notre prestation “BIM Clé en Main”) ou par un bureau de synthèse.

Ainsi, selon la phase du projet, le processus BIM ne requière pas toujours les mêmes besoins, et donc les mêmes rôles.

1 → Dès la phase de programmation, l’AMO BIM intervient pour définir les besoins BIM de la MOA en fonction de son projet et ses objectifs. Il saisit l’importance des changements en interne, l’utilité de la maquette et du processus BIM, et traduit les besoins de la MOA sur :

• une Charte BIM : document “traduisant la politique de la MOA en objectifs de qualité et de performances attendues » (définition du PTNB). La charte BIM est grossomodo rédigée une seule fois et correspond aux attentes BIM de la MOA dans sa globalité, pour tous les projets.

• un Cahier des charges BIM : « document précisant, pour le projet, les exigences et objectifs de la MOA, incluant ceux de la charte BIM du maître d’ouvrage. Il constitue le volet BIM du programme ». Pour résumer, le Cahier des Charges BIM suit la ligne de la Charte BIM, mais est adapté à un projet spécifique, et va plus loin dans le détail en ce qui concerne les attentes et objectifs BIM.



2 → En phase de Conception, le BIM Manager accompagne les équipes dans la mise en place et l’utilisation de la maquette numérique et des autres outils, en fonction de la charte et du cahier des charges BIM du projet.
Il rédige entre autres la Convention BIM qui fixe les règles opérationnelles telles que les règles de production & d’utilisation de la maquette, la définition des rôles des acteurs et des responsabilités autour des modèles, etc.

Notre vision du BIM Manager se comprend sur les 3 volets suivants :

Organisation : il met en place le BIM (propose la GED, la plateforme collaborative, etc), il anime les réunions BIM (chez DEFIBIM, nous prévoyons une réunion de lancement BIM pour les entreprises, lors de laquelle nous expliquons le processus, etc), et définit les règles et flux des échanges

Outils : il propose des outils, logiciels, plateformes, en fonction de la maturité numérique des intervenants, de leurs besoins et compétences, et gère les problèmes d’interopérabilité

Maquette numérique et livrables BIM : Le BIM Manager audite et contrôle les livrables BIM (produits par les différents modeleurs BIM) et anime les revues de projet. Il réalise le contrôle des maquettes créées par les différents intervenants pour assurer leur qualité avant diffusion à la MOA.



Le Modeleur BIM modélise la maquette numérique selon le niveau de détails défini en amont et exigé par la MOA : c’est le Level Of Information Need (LOIN).

NB : il y a plusieurs niveaux d’informations

  • géométrique
  • alphanumérique
  • documentaire


Le Coordinateur BIM est responsable des livrables BIM. C’est le Référent BIM de son entreprise, il comprend les besoins du projet et les traduit en actions et livrables BIM concrets. Il coordonne les différents membres de son équipe de production.



3 → En phase d’exécution, les rôles sont les mêmes.

Au lieu de rédiger la Convention BIM, le BIM Manager l’adapte en fonction des entreprises choisies, et met à jour les outils, paramètre de nouveau les plateformes, etc.

Chaque entreprise produit la maquette numérique de son lot et la met à jour au fur et à mesure du chantier.

Le Responsable synthèse prépare et anime la synthèse technique et architecturale afin de détecter les conflits en étude exé surtout.


Chez DEFIBIM, en exé, nous proposons d’autres missions en fonction des besoins de nos clients :

  • une balade virtuelle dans la maquette pour les conducteurs de travaux
  • une gestion des visa facilitée
  • des plannings 4D et méthodes à partir de la maquette
  • un contrôle de conformité de ce qui a été construit grâce au Scan 3D (voir Scan to BIM)


→ Lors de la livraison, la maquette numérique devient un support pour le DOE BIM.
Au lieu de rendre des classeurs papiers d’archives, chaque entreprise fournit sa maquette numérique, au sein de laquelle chaque objet est renseigné (on peut même lier les fiches fournisseur aux objets).
Le BIM Manager doit contrôler les maquettes de chaque lot et les compiler en vue de rendre à la MOA un DOE BIM complet et renseigné, qui peut même s’intégrer dans le processus GMAO.

Quels outils BIM doivent être utilisés sur un processus BIM ?

Le BIM est donc un processus assez complexe qui demande de solliciter certaines ressources. De plus en plus d’outils existent pour faciliter le travail des acteurs du projet et la digitalisation du process.

Voici quelques outils :

A. Les Environnements Communs de Données (CDE) : 

Les CDE centralisent les données du projet et permet à chaque acteur d’y accéder, grâce à une plateforme collaborative et/ou une Gestion Electronique de Documents (GED)

→ Une plateforme collaborative a pour principale vocation de faciliter les échanges et la collaboration.
Elle répond aux critères suivants :

    • Accès web 24h/24 7j/7
    • Accès sur ordi, tablette, tel..
    • Gestion intégrée des observations, commentaires, problèmes,
    • Navigation 3D dans la maquette
    • Possibilité de tri, sélection, requêtes, filtre …
    • Possibilité de superposition des modèles
    • Formats IFC et BCF
    • Historique et traçabilité

Parmi les plateformes que nous utilisons, nous pouvons citer BIMSync, BIM Track …

 

 → Une GED a pour principale vocation de conserver les documents du projet, et de les valider, modifier, corriger, mettre des visas, tracer les indices, les dates de dépôt, etc.

Les GED que nous utilisons par exemple sur nos projets sont Dalux, Kairnial, Clovis …



→  Voici quelques environnements communs de données & leurs fonctions :

• Les viewers (permettent de voir la maquette) : eveBIM / BIM collabZOOM / Dalux / solibri model viewer

• Les checker (permettent de poser des visas, détecter les conflits) : naviworks et solibri model checker



La MOA peut décider d’obliger les entreprises à utiliser le DCE ou au moins la plateforme collaborative qu’elle apprécie et sait utiliser. Libre aux entreprises ensuite de compléter avec une deuxième plateforme, à leur charge cette fois, afin de faire la synthèse technique, de produire, etc.

B. OUTIL D’AIDE A LA REDACTION D’UN CAHIER DES CHARGES BIM : 

Pour rédiger le cahier des charges BIM d’un projet, le Plan BIM 2022 a initié la création d’un outil nommé “Orélie”. 

Outil d’aide à la rédaction, il dispense de conseils et propose une boite à outils complète.
Chez DEFIBIM, notre BIM Manager Abir l’a testé, et elle vous dit ce qu’elle en pense ici : 

C. LOGICIELS DE PRODUCTION DES MAQUETTES NUMERIQUES BIM : 

Concernant la production des maquettes numériques, plusieurs logiciels existent, “métiers” ou pas forcément, tels que Revit, Allplan, Archicad …

Tout l’intérêt du BIM réside dans la collaboration entre les différents acteurs du projet; leur capacité à se transmettre l’information, facilement et rapidement; et ce, quelque que soit les outils qu’ils utilisent → C’est ce que l’on appelle l’interopérabilité – la capacité à échanger des informations structurées entre différentes applications et/ou logiciels


→ On utilise le format IFC. C’est un peu comme le format PDF, compréhensible et exploitable par tout le monde, mais adapté au BIM.
Le format IFC permet donc la transmission de données, en plus de la transmissions d’éléments géométriques.


Il faut juste configurer correctement son export IFC afin de transmettre les bonnes données. L’export Revit-IFC, c’est donc l’export de la maquette depuis le logiciel Revit, en format IFC.
Pour recevoir notre petit guide sur l’export Revit – IFC , cliquez ici

Conclusion

 

Le BIM est un processus assez complexe qui demande pas mal de ressources. Pour un novice en BIM, il peut être compliqué de comprendre ce qui est attendu, et la manière pour le mettre en place.


Chez DEFIBIM, nous sommes passionnés par la Construction, et par le BIM.
Loin de nous le BIM théorique !

Nous nous positionnons comme des facilitateurs du BIM, en étant le partenaire privilégié BIM de nos clients sur leurs projets.


Ainsi, nous proposons du “BIM Clé en Main” par lequel nous prenons en charge tous les besoins BIM :

  • le BIM Management facile et concret, pour organiser la donnée et les acteurs d’une manière intelligente, fonctionnelle, et pragmatique

  • la revue de projet et synthèse exé, technique et architecturale : forts de nos 10 ans sur les chantiers, nous savons détecter les conflits entre les lots et disciplines, et aidons nos clients à les résoudre

  • la modélisation pour les lots qui n’en ont pas les ressources en interne

A propos … 

Certains pays comme le Royaume Uni, la Finlande, les Etats-Unis ou Singapour ont déjà adopté le BIM en l’utilisant dans plus de 50% des projets de construction. Dans ces pays, les pouvoirs publics ont parfois impliqué l’ensemble du secteur dans la démarche en imposant l’utilisation de ce processus.

Le gouvernement Français a mis en place un plan d’action en 2014, afin d’aider toutes les entreprises du secteur à devenir « BIM Ready » d’ici 2022. Ce plan a été prolongé jusqu’en 2025.